Assez réfractaires aux méthodes d'enseignement et à l'éducation Nationale en général, les quatre futurs musiciens accumulent en attendant les petits boulots. Ils travaillent souvent dans le milieu du spectacle, mais se retrouvent aussi gardien d'immeuble ou couvreur.
Sombre héros
Débordant d'enthousiasme, l'Américain Theo Hakola (chanteur du groupe Passion Fodder) produit en 87, sur un véritable coup de c½ur, le premier mini album des quatre copains devenus entre temps, Noir Désir. Il s'intitule "Ou veux-tu qu'je'regarde". Véritablement portés par un son anglo-saxon et une veine poétique assez exceptionnelle dans le milieu du rock, les Noir Désir commencent à mettre en place ce qui sera leur véritable identité.
Deux ans plus tard, avec "Veuillez rendre l'âme à qui elle appartient" produit par Ian Broudie, Noir Désir sort un disque que la critique rock salue unanimement. En même temps sort le single "Aux sombres héros de l'amer" qui entre dans le Top 50. Le groupe reçoit le Bus d'Acier, récompense donnée en France par la presse spécialisée. Il donne aussi une série de concerts en France, allant même jusqu'en URSS, en passant par le Canada et la Tchécoslovaquie.
Le groupe se méfie pourtant de la notoriété trop vite acquise. Il ne veut pas être uniquement un phénomène de mode et désire garder sa liberté et son indépendance. C'est ainsi qu'après la publication du second album, les relations avec leur maison de disques deviennent tendues : en effet, le groupe refuse de participer aux émissions de télévision grand public. Ils décident aussi que les interviews se feront à quatre, de façon, sans doute, à contrebalancer le charisme encombrant de Bertrand Cantat.